Ils battent de l'aile les pauvres, gloire de la calvitie précoce, damasquée,
rage de ne pouvoir se froisser en épis,
que le souffle mauvais du renard pour leur
arracher quelque écaille duveteuse.
Qu'un géant jaloux scalpa d'un tour de bras
en inondant d'encaustique l'intérieur du crâne
et depuis ce jour,
les minuscules choses demeurent,
indistinctes,
improbables,
informées
faute d'avoir su exhiber la pauvre ravissance.
Bienvenue dans ce vide.
Doigts délicats aux articulations noueuses, paumes striées d'un tel nombre de rainures qu'on ne distingue même pas le creux de la main. Endormi sur ta chaise, la tête posée contre ton coude tu ne tiens compte de rien. Regarde pourtant les creux et les bosses de la main de ton amie tandis qu'elle ébauche d'amples volutes d'un air somnolent. Tu croyais la connaître et tu te confronte avec la vérité de lâme. Des croix, des îles, des cercles qui ressemblent étrangement à un alphabet oublié. Un puits sans fond, un monstre de perversion. Tu apprends tout cela d'une traite mais tu ne le révèleras certainement pas car les mains ont leurs secrets. Leurs tracés ébauchés semblent anonymes et appartiennent à leur propriétaire. Inconscient collectif de ces semis unversels, la chiromancie est sinon un art, une manière magnifique de découvrir les gens. J'ai effeuillé tellement de paumes glacées, palpé tant de ces lignes musculeuses. On peut tomber amoureux d'une paume pour toute la candeur et la pureté qu'elle renferme: celle dont je parle, fine, blanche, au mont de la lune charnu, est une main presque féminine. Je n'ai pas eu l'occasion de la lire depuis des mois et je ne voudrais pour rien au monde oublier son existence...