Mains

Je porte en moi des souvenirs chauves.
Ils battent de l'aile les pauvres, gloire de la calvitie précoce, damasquée,
rage de ne pouvoir se froisser en épis,
que le souffle mauvais du renard pour leur
arracher quelque écaille duveteuse.
Qu'un géant jaloux scalpa d'un tour de bras
en inondant d'encaustique l'intérieur du crâne
et depuis ce jour,
les minuscules choses demeurent,
indistinctes,
improbables,
informées
faute d'avoir su exhiber la pauvre ravissance.
Bienvenue dans ce vide.
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Doigts délicats aux articulations noueuses, paumes striées d'un tel nombre de rainures qu'on ne distingue même pas le creux de la main. Endormi sur ta chaise, la tête posée contre ton coude tu ne tiens compte de rien. Regarde pourtant les creux et les bosses de la main de ton amie tandis qu'elle ébauche d'amples volutes d'un air somnolent. Tu croyais la connaître et tu te confronte avec la vérité de lâme. Des croix, des îles, des cercles qui ressemblent étrangement à un alphabet oublié. Un puits sans fond, un monstre de perversion. Tu apprends tout cela d'une traite mais tu ne le révèleras certainement pas car les mains ont leurs secrets. Leurs tracés ébauchés semblent anonymes et appartiennent à leur propriétaire. Inconscient collectif de ces semis unversels, la chiromancie est sinon un art, une manière magnifique de découvrir les gens. J'ai effeuillé tellement de paumes glacées, palpé tant de ces lignes musculeuses. On peut tomber amoureux d'une paume pour toute la candeur et la pureté qu'elle renferme: celle dont je parle, fine, blanche, au mont de la lune charnu, est une main presque féminine. Je n'ai pas eu l'occasion de la lire depuis des mois et je ne voudrais pour rien au monde oublier son existence...
Mains

# Online seit Mittwoch, 21. September, 2005 um 09:36

Geändert am Sonntag, 25. Oktober, 2009 um 14:51

Chronique d'un mercredi

Le mercredi m'a toujours paru précédé des relents insipides d'une journée fanée. Aujourd'hui ne dérogea pas à la règle.
Après avoir brièvement étudié l'orgueil surdimensionné de Rousseau dans ses Confessions ainsi que celui, moindre, de Montaigne, nous nous fûmes endormis quelque heure plus tard en recopiant une version à la gloire et l'honneur de Hannibal. Mes camarades se sont acharné à me parler d'un soi-disant relief montagneux qu'il aurait traversé. Alpes ou Pyrénées? Sens Est-Ouest ou Ouest- Est? Bref, le sort de cet homme, de ce goujat, de cet ectoplasme (Greffier Sarah à vos plumes!) me parut d'un ennui édifiant. A chaque heure, une bouchée de madeleine proustienne accompagnait des discussions enflammées sur le thème de la théorie de Lacan. Non, rectification faite il s'agissait plutôt de l'usage adequat du gemé-mébeline . (D'ailleurs j'ai jamais compris si le crayon se mettait au-dessus ou au-dessous des yeux, alors si une conseillère make-up pouvait m'expliquer.. Lol jsuis pas une vraie fille pour ignorer tout de ces principes élémentaires pour une demoiselle de vertu respectable.) Abandonnons-la ces divagations superficielles pour nous consacrer à la fin de cette journéeUne fois rentrée dans ma chaumière, je me suis consacrée bien sagement à mes devoirs. Puis, vers la fin de l'après-midi, je suis allée chez le kiné pour soigner mon dos malade, perclu de rhumatismes. Et là stupeur, dans la salle d'attente: point de charmantes dames àgées vous tendant leurs jambes tachetées ou rayées couleur panthère rose, point d'hommes corpulents aux bras courtauds vous éraflant la joue d'un coin de journal. J'ajoute pire: aucune mère de famille nombreuse accompagnée d'une douzaine de marmots ne siégeait auprès de ma fidèle compagne, la pile épaisse de tabloïds.
Bref cela signifiait pour moi une seule chose, j'allais manquer mon habituelle conversation avec la mamie du coin.
Monologue de Mamie du coin parfois entrecoupée de "ouiii" grincheux de dameatala:-"Vous savez j'habite à Durtol et pour descendre ici c'est mon fiston qui m'amène. J'ai mis ma petite laine parce que je trouve que le temps se rafraîchit et que les températures sont rudes pour la saison. Mais vous n'avez pas froid sans gilet, vous voulez le mien?
Dame Atala pensant bien entendu que le froid et la neige sont les meilleures entités météorologique de ce bas-monde. Quelle infinie tristesse n'ai-je pas ressenti en me musclant quelque minute après,(Parce que oui contre l'avis de certaines J'AI des abdos.) le doux murmure des appareils berçant mon ouïe.
Cette journée s'achève au moment ou je vous parle devant RTR la chaîne de tv russe, il s'agit apparemment d'un espèce de débat entre un présentateur échevelé et une jeune femme blonde comme les blés. Bonne nuit à tous!(Dobreï viétcher)

# Online seit Mittwoch, 21. September, 2005 um 14:06

Geändert am Freitag, 06. November, 2009 um 13:39

Lettre à la plèbe

Lettre à la plèbe
Suite aux piquantes remarques que m'ont lancé certains énergumènes déchaînés par rapport à mon rang présumé, je choisis d'en prendre mon parti en faisant l'étalage de mes bonnes manières.
Avec une infinie générosité ou un supposé désir de convertir les foules à la religion snobienne, je me décidai à donner des cours d'aristocratie aux infortunés prolétaires, délaissés de tout cadre culturel digne de ce nom: à savoir une propriété de quatre-vingts hectares annexée d'un haras d'étalons.(nota bene:étalons=chevaux ou garçons charmants. A vous d'opter pour l'un ou l'autre; quand on est riche on peut s'offrir n'importe quel genre d'écurie hé hé!)
Amis mal dégrossis, en ce troisième jour d'octobre deux mille cinq, l'accès vous est ouvert à une prestigieuse école de moeurs respectables. Profitez-en! Les cours de maintien seront assurés par la Baronne Sarah de la Verveine-pouliche et moi-même. L'option facultative langage-conversation mondaine sera notée coefficient 3 au bac. Alors je vous en prie, sinistres pendards, consacrez-vous un brin à vos leçons car le programme est infiniment vaste, surtout méfiez-vous JE VERIFIERAI!
Inscrivez-vous vite gratuitement dans la limite des places disponibles. En enseignement de détermination 1ère année:
* apprentissage de chorégraphie pour le bal des débutants
* étude linguistique du lexique bourgeois
* pensées vénales et capitalisme véreux
* sciences de l'auriculaire levé
Rendez promptement vos formulaires d'inscription dans les centres de formation de votre ville.

Votre très dévouée duchesse à la madeleine.

# Online seit Montag, 03. Oktober, 2005 um 13:38

Geändert am Sonntag, 03. Juni, 2007 um 09:54

Questionnaire de Proust

1-Le principal trait de votre caractère?Passionnée!
2-Les qualités que vous désirez chez un homme? Du charisme et une voix radiophonique. Et une once de méchanceté
3-Les qualités que vous désirez chez une femme? Même qualités que plus haut
4-Ce que vous appréciez le plus chez vos amis? Leur humour, leur présence.
5-Vos principaux défauts? Jalousie, Froideur, Doute, Spleen.
6-Vos principales qualités? Réflexion, acharnement, imagination, poésie.
7-Vos occupations préférées? Ecrire des lettres avec un encrier à l'ancienne. Rêver. Lire. Méditer en regardant le paysage. Imiter des profs ou des pouffes girls. Feuilleter un bouquin d'art. Jouer la blonde.
8-Votre avenir idéal?Dans dix ans bardée de diplômes, professeur de français dans une université parisienne, en couple.
9-Quel serait votre plus grand malheur? Finir engoncée dans une existence routinière de vieille femme aigrie, seule, avec un chat tout pelé, devenir folle à lier.
10-Ce que vous voudriez être? Une horloge géante. Un homme pour voir les femmes sous un jour différent.
11-Le pays ou vous désireriez vivre? La Russie! A la rigueur l'Angleterre. Mais plus vraisemblablement la France.
12- La couleur que vous préférez? La couleur du givre .
13- Les fleurs que vous aimez? Jacynthes, clématites et pivoines.
14- L'oiseau que vous préférez? Le vautour. Parce que c'est un charognard et un arriviste
15- Vos auteurs favoris en prose?Huysmans Barbey d'Aurevilly et Aragon
16- Vos poètes préférés? Lermontov, Hopkins, Maïakovski, Nerval,
17- Votre héros ou héroïne favori dans la fiction?Solal! ET Julien Sorrel!
18- Vos livres préférés? Le paysan de Paris, Les Chants de Maldoror
19- La musique que vous écoutez? Placebo, Kings of Leon, Seu Jorge. Ravel, Il Fasolo, Landi et Boscherini
20-Vos peintres favoris? Chagall, Rossetti, Ingres, Miro, Kokoschka.
21-Votre prénom favori? C'est culcul comme question.
22-Ce que vous détestez par dessus tout? Les beaufs!!!!!
23- Le don de la nature que vous aimeriez avoir? En ces temps d'Haloween je dirais devenir magicienne.. D'ailleurs certains pensent déjà que je suis une sorcière..
24- Comment aimeriez-vous mourir? A question morbide, réponse morbide: par un quelconque poison violent qui n'abîmerait pas trop mon cadavre.
25- Etat présent de votre esprit? Flou, pour l'essentiel.
26- La faute qui vous inspire le plus d'indulgence? La franchise blessante.
27-Vos mots favoris? "Paroxysme" et "éther". Ca s'était avant. Maintenant"kerygma" "skototrophique" et "exotropisme"
28-Vos odeurs favorites? Huile essentielle au cèdre, colophane, odeur du gaz, de la neige
29-Votre parfum favori? Le mien "For her" de Narciso Rodriguez.
30-Votre boisson favorite? Dn thé: un genmaïcha bu avec un ami dans le cadre japonisant du salon près du théâtre.
31-Votre plus grand regret? N'avoir pas su saisir une opportunité sous-entendue y a pas si longtemps..
32-Votre fétichisme? Les belles mains. Tiens ça c'est toujours vrai.
33-Votre paysage idéal? La taïga.
34-Votre porte-bonheur? un paquet de biscuits réduit en mille morceaux parce que mon sac bien qu'immense s'est encore avéré trop petit
35-Ce qui vous touche? La grâce.
36-Votre dessert préféré? Un opéra au café!
37-Le mot de la fin?nitchévoc]

# Online seit Samstag, 22. Oktober, 2005 um 09:56

Geändert am Samstag, 11. April, 2009 um 05:37

coup de gueule ou quand la bourgeoisie se rebelle

C'est la honte suprême dame Atala la grande, la vraie, l'unique, Atala la magnifique... (^^non n'abusons pas non plus!)s'est glandée magistralement en français. Un joli petit serpentin en forme de huit qui fait tache dans la moyenne, le tout accompagné d'une appréciation humiliante mais juste. Je vous raconte pas, j'ai mis une semaine à assumer le résultat de ma croûte. Mais moi aussi je revendique mon droit à la médiocrité. Toujours des exigences impossibles à atteindre, être le plus lisse, le plus beau, le plus intelligent, le plus sage... Et ben non, reconnaissons une fois pour toutes nos incapacités plutôt que de nous leurrer et d'aller droit dans le mur. Tout un avenir de littéraire fut remis en jeu par trois lignes cinglantes. Enfin non peut-être pas mais bon, pour quelqu'un pétri de doutes ça lui arrange pas ses affaires. Grosse déprime égoÏste. non dame Atala tu n'es pas infaillible, tu n'es pas celle que tu voudrais, tu n'es pas parfaite et tant pis. Non dame Atala les gens ne te considèrent pas forcément comme une crotte à cause d'une note. Pas non plus comme un génie sous prétexte que tu te prétends "littéraire" en pondant deux trois lettres à tes amis. Alors relativise bon sang et fais voir à ce prof que tu es une passionnée et que ses commentaires ne te font pas peur.
Epilogue: Dame Atala a mis son orgueil blessé au placard et a bossé en vrac dissert, commentaire littéraire et questions de corpus pendant son weekend. Elle entend continuer comme ça longtemps, longtemps avec les résultats qui vont avec pour faire enfin valoir qu'elle aussi peut être une battante.

# Online seit Samstag, 12. November, 2005 um 12:29

Milshtein suite

Milshtein suite
Vous qui pensiez trouver enfin des articles croustillants sur ce blog ( Tout sur la vie people de dameatala! bientôt les détails croustillants de ses vacances en Bretagne!) je me vois dans l'obligation de vous détromper. Et c'est en profane consciente de son ignorance en matière d'art contemporain que je vais vous conter des histoires. Avec mes mots cette fois, tant pis si des amateurs éclairés passent par ici et me jugent comme une benête provinciale. Pour l'instant je me pâme devant n'importe quoi. Et pourtant... Milshtein ce n'est pas n'importe quoi, juste un immense élan du coeur que j'aimerais vous communiquer.
Il aspire les spectateurs dans un monde bâti de créatures évanescentes qui s'animent dans des tripots enfumés. Milshtein c'est la fièvre du jeu, les tourments de l'âme, les parties de manille, les pyramides insensées de cartes: un motif récurent de son oeuvre. Des cartes ou se mêlent le visage déliquescent du roi de pique et d'autres séries de faces. Du gris, beaucoup, décliné sous toutes ses formes qui vous prend aux tripes par son humanité.
Une première fois, des mines perplexes, attendries, comme dans "Un prince en peluche" tranchent avec d'autres visions obscènes devinées sous les coups durs du pinceau.. Plus tard, une folie douce vous pénètre quand vous entrez au contact du tryptique "Quo Vadis", sorte d'apocalypse ou filles de l'est et images d'enfance se diluent les unes un dans les autres, le tout dans un apparent manque d'unité. Mais pourtant tout est dit. Les figures ont le même air d'abattement, ou partagent la même nostalgie.(cf "La première cigarette")
Une autre fois encore, un conte de fées, celui de Pinnochio est tourné en perversion en la personne d'une putain triste.

L'univers de Milshtein est à la fois celui de chairs putrides et de vieillards fanés accoudés au zinc, face au démon de l'alcool qui les torture. Une divinité infernale assimilée le plus souvent à une amante cruelle. Vodka et larmes", la première fois je n'avais pas compris le sens du titre de l'expo. Mais en repartant, l'affiche coincée sous le bras, je n'ai pas pu m'empêcher de murmurer "bojé moy" comme dans l'une de ses toiles éponyme.
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# Online seit Sonntag, 23. April, 2006 um 10:30

Geändert am Sonntag, 03. Juni, 2007 um 09:54